L’extinction de l’éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels - Arrêté du 25 janvier 2013

Les bureaux, commerces et bâtiments sont « invités à éteindre les éclairages inutiles la nuit, de 1 h à 7 h du matin ». Le Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie entame une campagne d'information. Cette initiative politique pose, sur le principe de la réduction de la consommation énergétique, les bases d'une gestion économique de l'éclairage et des nuisances lumineuses
Toutefois, elle délaisse la gestion intelligente de l'éclairage, pourtant bien plus porteuse en économie d'énergie.

Une démarche pédagogique qui doit tendre vers une réflexion éclairagiste

Dans sa démarche, l'arrêté du 25 janvier 2013 «relatif à l'éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels afin de limiter les nuisances lumineuses et les consommations d'énergie », a le mérite de mettre en exergue l'impact environnemental et économique de l'éclairage. Tout en saluant cette mesure, l'AFE souhaite pousser la réflexion éclairagiste plus loin et inciter à la gestion intelligente de la lumière.

De nouvelles technologies, sources lumineuses et alimentations peu énergivores, solutions de gestion adaptables, permettent aujourd'hui de ne plus banaliser l'extinction radicale. La gestion de l'éclairage est encore trop souvent réduite au problème redondant du « trop de lumière et pas assez de lumière ».

Rappel du contenu de l'arrêté

« Dans votre rue... les vitrines de magasins de commerce ou d'exposition seront éteintes au plus tard à 1 h du matin, ou une heure après la fin d'occupation des locaux, et pourront être rallumées à partir de 7 heures du matin ou une heure avant le début de l'activité. »

Dans votre commune... les éclairages des façades des bâtiments seront éteints au plus tard à 1 heure du matin et ne pourront être allumés avant le prochain coucher du soleil.

Dans votre entreprise... la lumière de votre bureau sera éteinte au plus tard une heure après avoir quitté les locaux. »

« Des dérogations aux horaires d'illumination des façades d'immeubles non résidentiels et à ceux de l'éclairage des vitrines de magasins de commerce ou d'exposition sont possibles par arrêté préfectoral. »

La sécurité des commerces victime du « trop de lumière »

Certes, les éclairages destinés à assurer la sécurité des bâtiments lorsqu'ils sont asservis à des dispositifs de détection de mouvement ou d'intrusion dérogent à cette nouvelle règle. Mais encore faut-il en être équipé. Cet arrêté devrait donc constituer une base de référence, tout en étant modulé en fonction des applications.

Conclusion : un arrêté qui favorise la réponse automatique plutôt que la réponse réfléchie

L'AFE tient à repréciser son opposition à la gestion « on and off » de l'éclairage et à réaffirmer son attachement à une gestion intelligente. La complémentarité entre lumière naturelle et lumière artificielle doit devenir la norme. L'extinction de la lumière dans les bureaux « au plus tard une heure après avoir quitté les locaux » ne doit pas masquer le véritable enjeu de la gestion de l'éclairage : des systèmes intelligents qui éclairent juste, quand il le faut, de jour comme de nuit. En analysant la lumière naturelle et en détectant les mouvements, ces derniers représentent 70 % d'économies.

L'extinction de l'éclairage nocturne des bâtiments non résidentiels ne doit donc pas nous entraîner vers une régression durable de l'éclairage et un retour à la « nuit ». Gérer les concepts lumière, extérieur comme intérieur, en puissance, en intensité et dans le temps, participe à l'optimisation de la sécurité des personnes et des biens, à l'efficience énergétique, au développement durable, au développement économique, aux attraits touristiques, à l'information, au bien-être et au confort des habitants et des visiteurs d'une ville la nuit.